La SALSA :
La salsa… ce rythme fabuleux, riche de multiples influences musicales, et dont je suis tombée complètement amoureuse ! C’est bien simple, chaque fois que je l’écoute ou que je la danse, je me sens soudainement remplie d’une allégresse infinie…
Si c’est au Mexique que j’ai commencé à prendre sérieusement des cours, mon envie d’apprendre a surgi avant, précisément en Colombie : trois séances d’initiation et une sortie avortée à la Topa Tolondra à Cali (une institution !) ainsi que quelques merveilleuses et folles soirées au génial bar Donde Fidel à Carthagène des Indes auront suffi à convertir cette idée en une véritable obsession 😊
Je ne vais évidemment pas te détailler toute l’histoire de la salsa, un genre musical qui, à lui seul, pourrait faire l’objet d’une thèse entière. Mais essayons tout de même de donner quelques points de repère.
La salsa est indissociable de l’histoire tourmentée de la colonisation et de l’esclavage. Elle prend sa source à Cuba, avec l’arrivée entre les 16ème et 19ème siècles de plus d’un million d’esclaves africains, les Yorubas, arrachés à leur terre et à leurs familles pour travailler notamment dans les plantations de canne à sucre. La musique, jouée en secret, leur permet de s’évader un peu de leurs difficiles conditions de vie et de labeur forcé.
La salsa telle qu’on la connaît aujourd’hui va émerger progressivement d’un métissage riche et complexe, intégrant de nombreux instruments à percussion africains (congas, bongos, etc.) et empruntant tout à la fois :
- au son (l’ancêtre le plus évident de la salsa), au guaguanco, à la rumba, au mambo, au cha-cha-cha et à la bomba en Amérique latine et dans les Caraïbes,
- au jazz, à la soul et au blues d’Amérique du Nord,
- à la contredanse, à la valse et à diverses danses de salon d’Europe.
C’est dans les années 1950 que la salsa naît véritablement comme genre musical à part entière. Elle connaît alors un réel essor à Cuba et à Porto Rico, en particulier avec la danse casino pratiquée au Tropicana, un très célèbre club de La Havane.
Au même moment, un certain nombre de ressortissants portoricains puis cubains cherchent à migrer aux Etats-Unis, ce qui y favorise l’épanouissement de la salsa, en particulier à New York. Elle s’enrichit alors de l’utilisation d’instruments à vent (trombones, trompettes, saxophones, clarinettes…) et du piano, qui viennent compléter une série déjà longue : bongos, timbales, claves, congas, guïros, maracas…
Plusieurs groupes de salsa se forment et, forts de leur succès, commencent à donner des concerts un peu partout en Amérique latine et au-delà. Dès lors, la salsa s’épanouit également en Colombie et dans de nombreux autres pays d’Amérique latine (Venezuela, Porto Rico, République dominicaine, Mexique…). Mais c’est incontestablement en Colombie qu’elle a connu le plus grand engouement.
Aujourd’hui, force est de constater que l’influence de la salsa en Colombie est immense. Beaucoup d’artistes, d’orchestres et de groupes de salsa sont originaires de Colombie, et je t’en fais évidemment découvrir un certain nombre un peu plus loin dans cet article.
Le pays a développé son propre style, proprement inimitable. C’est tout particulièrement le cas à Cali, qui est considérée comme la capitale mondiale de la salsa et constitue un véritable vivier de chanteurs et danseurs internationalement reconnus ! Il faut en effet observer que la salsa a été le moyen pour beaucoup de « caleños » d’échapper à leur condition, dans un contexte marqué par la pauvreté, les inégalités et la violence urbaine, et d’exprimer leur identité.
La salsa caleña est extrêmement dynamique, tonique et intuitive. Elle mêle beaucoup d’influences musicales, en particulier le boogaloo et le mambo. Elle se distingue par des figures, des tours et surtout des jeux de jambes et de pieds (enchaînements de pointes-talons, notamment) tellement rapides qu’on a souvent du mal à les suivre !
En voici ici un exemple éloquent :