Ici, je vais te parler de la musique mexicaine ! Et il y en a des choses à dire…
Compte tenu de sa taille absolument gigantesque et de son riche héritage culturel, le Mexique présente une incroyable diversité musicale qui peut parfois prêter à confusion. J’ai moi-même eu des difficultés à en comprendre les ramifications et les intersections, aussi j’espère que cet aperçu t’aidera à y voir plus clair et à découvrir de belles pépites, entre musique traditionnelle et plus contemporaine.
Si tu n’es vraiment pas branché(e) musique traditionnelle mexicaine, je te suggère d’aller directement à la suite en cliquant sur un des raccourcis 😉
N’hésite pas à partager toi aussi tes découvertes, cette page est également faite pour ça !
Musique traditionnelle :
La musique traditionnelle mexicaine est le fruit d’un métissage culturel très complexe, issu tout à la fois des continents européen, américain et africain. Elle revêt tant de formes différentes, de variétés de genres, de rythmes et d’instruments qu’il est bien difficile de couvrir ici toute sa diversité. Je ne prétends donc aucunement à l’exhaustivité.
Cela étant dit, permets-moi de te présenter ici successivement ce qui en constituent les principales formations musicales, les principaux genres musicaux, ainsi que ses interprètes les plus connus.
Formes musicales :
Les MARIACHIS :
Lorsqu’on parle musique mexicaine traditionnelle, on a tout de suite tendance à penser « musique mariachi ». Sauf que le mariachi n’est pas un genre musical,c’est une formation musicale folklorique composée généralement de trompettistes, violonistes, guitaristes, ainsi que d’un joueur de vihuela mexicaine (guitare à 5 cordes) et de guitarrón (grosse guitare basse à 6 cordes). Les mariachis jouent en réalité des genres musicaux très différents (ranchera, huapango, corrido…). On y reviendra.
L’un des plus célèbres mariachis de l’histoire mexicaine s’appelle MARIACHI VARGAS, il a contribué à la bande son de nombreux films.
Les CONJUNTOS NORTEÑOS :
Comme son nom l’indique, cet ensemble est spécialisé dans la musique norteña, un mélange de différents genres musicaux (polka, mazurka, redova, chotis, corrido, huapango…) qui s’est développé en milieu paysan dans la première moitié du 19ème siècle, d’abord dans le Nord du Mexique (états de Tamaulipas et Nueva Leon) avant de s’étendre ensuite plus globalement, sous l’effet de l’exode rural, dans tous les grands centres urbains du pays.
Dans sa version traditionnelle, un conjunto norteño se constitue d’un accordéon, d’un bajo sexto (une guitare avec six jeux de deux cordes), d’un totoloche (une contrebasse de quatre cordes pincées avec les doigts) et d’un tarola (une caisse claire).
LOS TIGRES DEL NORTE ou LOS TUCANES DE TIJUANA sont de célèbres conjuntos norteños.
Les BANDAS :
Ce type d’ensemble trouve son origine dans les fanfares qui jouaient à la fin du 19ème siècle dans les défilés militaires, les fêtes de village ou les processions religieuses. Il a été popularisé au cours de la Révolution mexicaine (1910-1920), lorsque les Etats, les autorités locales et les dirigeants révolutionnaires ont décidé de créer leurs propres groupes de musique pour jouer sur les places des villes et des villages.
Si les bandas sont originellement composées exclusivement d’instruments à vent (en particulier le tuba) et centrées sur la musique norteña, elles sont beaucoup plus protéiformes aujourd’hui, intégrant notamment de nombreux genres musicaux différents.
Parmi elles, le groupe CALIBRE 50, que je te fais découvrir ici :
Parmi les autres formations musicales mexicaines, on peut citer le conjunto jarocho (spécialisé dans le son jarocho), le conjunto huasteco (spécialisé dans le son huasteco dit « huapango ») ou encore le conjunto de marimba (ce xylophone africain au son enchanteur que j’avais découvert en Namibie en 2014, et que l’on retrouve partout dans le sud du Mexique et au Guatemala !).
Genres musicaux :
Etonnamment, on retrouve d’abord dans la musique traditionnelle mexicaine des genres qui nous sont familiers : la valse, la polka, la mazurka, la redowa et la chotis, importées d’Europe dans la deuxième moitié du 19ème siècle. Et puis certains styles plus marqués, plus typés (corrido, ranchera, bolero, son huasteco, jarabe…), qui empruntent aux premiers tout en venant enrichir la musique mexicaine de sonorités uniques et très caractéristiques.
La VALSE :
La valse a vu le jour à Vienne entre la fin du 18ème siècle et le début du 19ème siècle, et fit d’abord scandale compte tenu de la proximité incombant aux danseurs. Elle est caractérisée par un rythme en trois temps, plus ou moins lent selon le style (viennois, anglais…).
Elle s’est exportée assez tôt au Mexique, vers 1810, et a été accueillie largement par tous les milieux sociaux. Y a été intégré très vite un style plus spécifiquement mexicain, comme on le voit ici dans cette composition du grand MANUEL M. PONCE :
La POLKA :
La polka est une danse originaire de Bohème, qui s’est développée ensuite dans toute la zone slave (République tchèque, Slovaquie, Pologne, Lettonie, Lituanie, Ukraine, Biélorussie, Russie), ainsi qu’en Autriche et en Hongrie. Elle est marquée par un tempo vif à deux temps.
A la fin du 19ème siècle, elle a été intégrée dans le folklore local des régions du nord du Mexique (en particulier Nuevo Leon) puis s’est épanouie à la faveur de la Révolution mexicaine (la plupart des polkas et corridos – voir ci-après – prenant alors le nom de soldats célèbres). Parmi elles, « El Aguacero » est un bon exemple, interprétée ici par SANTIAGO JIMENEZ :
La MAZURKA :
La mazurka est une danse de salon polonaise qui fut très en vogue en Europe au cours du 19ème siècle. Comme la polka, il s’agit d’une danse plutôt rapide, mais à trois temps.
Elle est parvenue au Mexique à la fin de ce même siècle, principalement dans les états Nuevo Leon et Chihuahua (au Nord), séduisant la classe moyenne, la bourgeoisie et l’aristocratie mexicaines.
L’une des plus illustres mazurkas de cette époque, venue de France, était “La Varsoviana”, ici jouée par le groupe TAYER (nord-est du Mexique) :
La REDOWA :
La redowa (rejdovák) est une danse à trois temps parente de la mazurka, constituée de pas de polka et de valse. Mais à la différence de toutes ces danses, elle est caractérisée par un rythme plutôt lent. Son origine n’est pas précisément connue : polonaise ? tchèque ? En tout cas, elle était dansée à Prague entre 1830 et 1840.
Il n’est pas non plus évident de comprendre comment elle a été popularisée dans les états du nord du Mexique à cette même époque. On évoque la possible influence de l’immigration allemande et tchèque dans cette zone, tout comme l’admiration des milieux aristocratiques mexicains (sous le régime dictatorial de Porfirio Diaz) pour tout ce qui provenait d’Europe. La redowa a été intégrée dans la musique traditionnelle mexicaine, en particulier la musique norteña, tout comme l’a été le chotis (voir ci-après).
Une des redowas célèbres au Mexique est « El Naranjo » :
Le CHOTIS:
Le chotis (danse « scottish », pourtant sans rapport avec l’Ecosse) est une danse de bal venue de Bohême qui a connu un certain succès en Grande-Bretagne et en France et qui, initialement baptisée german polka, doit son nom actuel aux sentiments anti-allemands nourris lors de la Première Guerre mondiale. Son rythme à quatre temps est plus lent que la redowa, et se danse un peu comme la valse.
Introduit au Mexique à partir de la deuxième moitié du 19ème siècle, le chotis a été adopté tant par les milieux aristocratiques que populaires, en particulier au nord du pays.
Parmi les chotis les plus connus, on trouve « El revolcadero », interprété par LOS MONTAÑESES DEL ALAMO :
Le CORRIDO :
Le corrido est un genre de ballade bien spécifique qui se chante mais ne se danse pas, et qui, selon les cas, obéit à un rythme à deux ou à trois temps. Il est fondé sur des strophes épiques, généralement de 8 syllabes (parfois moins), visant à mettre en valeur des faits historiques, événements, personnages ou lieux réels ou mythiques importants, ou à rendre compte d’échecs ou de succès, qu’ils soient politiques, amoureux…
Ce genre musical, né au début du 19ème siècle, a gagné en popularité durant la Révolution mexicaine parce qu’il servait à glorifier alors les aventures de ses principaux protagonistes, qu’ils soient soldats ou soldates ! Je vous mets ci-dessous l’un des corridos les plus connus de cette époque, « La Adelita ».
Aujourd’hui le propos a bien sûr évolué, et c’est ainsi que se chantent davantage les louanges de héros anonymes, notamment les malheureux aspirants à l’immigration aux Etats-Unis… ou, plus surprenant, des narcotraficants (narcocorrido) !
Le BOLERO :
Le boléro mexicain provient initialement de Cuba (années 1840). Il faut faire attention à ne pas le confondre avec le boléro espagnol, dont il ne partage pas la même structure mélodique et rythmique (en 4 temps, contre 3 pour le boléro espagnol). Le boléro cubain a ensuite connu un franc succès dans tous les pays d’Amérique latine, grâce au développement de la radio et des enregistrements sonores.
Le Mexique en particulier en a gardé l’essence musicale ; il a aussi contribué à encourager son rayonnement à travers le continent grâce à son cinéma des années 1930 à 1970 (âge d’or du cinéma mexicain). Les compositions mexicaines évoluent vers un répertoire plutôt romantique et lyrique.
AGUSTIN LARA est considéré comme un des plus grands interprètes de boléro :
Le RANCHERA :
Il s’agit d’un des genres folkloriques les plus représentatifs de la musique régionale mexicaine.
Né au milieu du 19ème siècle dans les milieux paysans du Rio Grande (comme son nom l’indique, dans les grandes exploitations agricoles du Mexique appelées « ranchos »), il en évoque fortement l’univers et les valeurs. Il a ensuite été largement popularisé, particulièrement en Amérique latine (Colombie, Pérou…) grâce à la Révolution mexicaine, aux groupes de mariachi et au cinéma des années 1930 à 1970.
Ce style de musique a été inscrit en 2011 au patrimoine immatériel de l’humanité, aux côtés de la cuisine mexicaine.
Le répertoire de la musique ranchera, interprété par différentes formations musicales (mariachis, conjuntos nortenos, bandas) intègre tout à la fois des éléments de boléro, de polka, de valse, tout en y ajoutant une dimension particulière, dont la plus caractéristique est sans conteste « le grito mexicano » (le fameux cri mexicain). Parmi les sujets de prédilection, l’amour, la nature, le patriotisme…
Une des chansons les plus connues de ranchera au Mexique, et que tout le monde reprend en cœur dans toutes les festivités du pays, c’est incontestablement « Cielito Lindo », que je te propose ici et dont je te recommande d’apprendre les paroles par cœur avant d’aller en terre mexicaine😉
Celles-ci sont également cultes :
CHAVELA VARGAS : Cette femme est un grand nom de la chanson traditionnelle mexicaine, en particulier ranchera ! Née au Costa Rica dans une société étriquée et conservatrice, elle décide de prendre le large alors qu’elle n’est qu’une adolescente, rejoignant le Mexique. Elle y démarre sa carrière en chantant dans la rue, avant de se produire dans des cabarets puis dans des tournées internationales dans les années 1960 et 1970. Si tu vas au Mexique, tu ne peux pas passer à côté. Sa voix chaude, puissante et passionnée est envoûtante. Deux de ses interprétations les plus connues sont sans conteste “Paloma Negra” et “La Llorona” (une des plus célèbres chansons mexicaines !), que je te partage ici :
VICENTE FERNANDEZ est un producteur, acteur et chanteur mexicain originaire de Guadalajara. Ce fut également une célébrité au Mexique pour ses interprétations de musique ranchera. Une de ses chansons les plus connues est “Volver, Volver”, où il montre toute l’amplitude de sa voix :
Le BOLERO RANCHERO :
Apparu dans les décennies 1940 à 1970, c’est en quelque sorte un mélange entre le romantisme du boléro mexicain, alors un peu éculé, et la vigueur du ranchera, qui commençait également à s’essouffler.
Là encore, c’est un genre musical qui s’est beaucoup exporté à travers le cinéma national, et qui connaît encore une très forte popularité aujourd’hui.
Parmi ses interprètes les plus connus figurent PEDRO INFANTE, puis JAVIER SOLIS :
Le SON HUASTECO (dit “HUAPANGO”) :
Le huapango est un genre musical qui remonte au 17ème siècle et constitue une adaptation de l’instrumentation européenne aux traditions indigènes, notamment le zapateado (roulements de talons sur le plancher qui font penser au flamenco espagnol) et le chant en voix de fausset.
Il intègre le violon, la quinta huapanguera (une guitare à 5 ou 8 cordes dont la caisse de résonance est plus grosse que celle des guitares traditionnelles) et la jarana huasteca (un instrument à 8 cordes qui ressemble à une petite guitare). Il est joué dans les états de Veracruz, Hidalgo, San Luis Potosí, Tamaulipas, Querétaro et Puebla.
Voici deux chansons connues de huapango, « Cucurrucucu Paloma » et « Deja que salga la luna » :
Le SON JAROCHO :
Le son jarocho est également une adaptation de l’instrumentation européenne (en particulier andalouse et canarienne) aux traditions indigènes pendant la colonisation, avec une influence de la musique afro-cubaine des Caraïbes des 18ème et 19ème siècles. Très ancré dans la culture musicale mexicaine, il provient initialement d’une région rurale de l’état de Veracruz.
Tout comme le huapango, il intègre le zapateado (roulements de talons sur le plancher) et également la jarana, mais aussi la leona (instrument à 4 cordes au timbre grave) pour la basse, le requinto (petite guitare également à 4 cordes), la harpe, le marimbol (lamellophone dit aussi « basse kalimba », originaire de Cuba), les pandeiros octogonaux (instruments à percussion plébiscités au Brésil), les quijadas (mâchoires d’âne ou de cheval) et parfois les güiros (râcloirs).
Il est joué dans les fêtes traditionnelles appelées « fandango jarocho », qui mêle la danse zapateada avec la poésie chantée improvisée, souvent sur un contenu humoristique.
Si le son jarocho le plus connu au monde est sans conteste « La Bamba », je te propose plutôt d’écouter cette magnifique chanson intitulée « La Bruja » :
Le SON JALISCIENSE :
C’est un style assez similaire à celui de Veracruz (son jarocho), par exemple, dont il emprunte les mêmes instruments à cordes, rythmes et mélodies. Au 19ème siècle, il incluait une vihuela, deux violons et un guitarron.
Une des chansons les plus connues s’intitule « La Negra » :
Le SON CHIAPANECO:
Le son chiapaneco vient, comme son nom l’indique, de l’état du Chiapas situé au sud du Mexique. Les sonorités de ce genre musical sont encore différentes, en particulier parce qu’il intègre beaucoup la marimba.
Le JARABE :
Le jarabe est un genre musical provenant du jarabe gitan d’Andalousie du 15ème siècle, mais qui en a adapté quelque peu le style et intègre lui aussi le zapateado et un rythme qui va crescendo au fur et à mesure de la chanson.
Si le jarabe tapatío de Guadalajara (Jalisco) est le plus célèbre à travers le monde, il en existe dans quasiment tous les états du Mexique, même s’il n’est plus très populaire aujourd’hui.
Interprètes célèbres :
Voici une petite liste des interprètes les plus célèbres de la musique traditionnelle mexicaine, si tu veux explorer davantage cette dernière :
Pepe Aguilar
José Alfredo Jiménez
Jorge Negrete
Pedro Infante
Javier Solís
Miguel Aceves Mejía
Lola Beltrán
Juan Gabriel
Antonio Aguilar
Flor Silvestre
Villa Lucha
Vicente Fernández
Pedro Fernández
Alejandro Fernández
Chavela Vargas
Lucha Reyes
Aida Cuevas
Pablo Montero
Rocio Durcal
Lupita Infante.
Et pour finir, je voudrais te parler d’un groupe un peu à part…
… LOS FOLKLORISTAS: C’est un super groupe qui explore la diversité des musiques traditionnelles latino-américaines. Si tu prévois un voyage là-bas, il s’agit d’une excellente première introduction. Au fur et à mesure, ils ont réussi à réunir une impressionnante collection d’instruments typiques en provenance de l’ensemble du continent. Ils se sont fait connaître dans toute l’Amérique latine et en Europe à travers de nombreux festivals. Voici un de leurs hits, “Tierra Mestiza” :
Nueva canción
Même si on pense surtout au Chili et à l’Argentine lorsqu’on parle de la Nueva canción (chanson contestataire des années 1960 et 1970), il ne faut pas oublier que celle-ci a essaimé partout sur le continent latino-américain, et notamment au Mexique.
GABINO PALOMARES est un chanteur mexicain emblématique de la Nueva canción, né dans l’Etat de Guanajuato. Il commence à jouer à Mexico City, d’abord dans la rue, dans des peñas, des bars et des théâtres. Il s’est ensuite forgé une réputation internationale, se produisant un peu partout sur le continent latinoaméricain. Il fut pendant 6 ans le secrétaire général du Comité international de la Nueva canción à Cuba. Une de ses chansons ayant eu le plus d’impact en Amérique latine est “La maldición de Malinche”, que tu peux découvrir ici en duo avec Amparo Ochoa (cf. infra) :
AMPARO OCHOA est une chanteuse mexicaine, grande figure de la Nueva canción. Elle a d’abord été enseignante avant de se consacrer complètement à une carrière musicale dans laquelle elle aborde des sujets sociaux importants. Forte de son succès, elle a donné des concerts partout en Amérique latine, aux Etats-Unis et en Europe. Après le coup d’Etat de Pinochet, elle enregistre un album en solidarité au peuple chilien. Découvre ici sa magnifique interprétation de “Para amar en tiempo de guerra” :
Pop/rock
Ce genre couvre à la fois la pop latine “romantique” et le pop/rock au sens plus large.
LUIS MIGUEL: On ne présente plus cette icône de l’Amérique latine, qui s’est illustrée dans de nombreux genres différents, en particulier le boléro (qu’il a tenté de rafraîchir), la ranchera et la pop latine. C’est le premier latino-américain à avoir reçu un disque d’or aux États-Unis pour un album en langue espagnole. Je ne suis pas une grande fan, mais c’est impossible de passer à côté au Mexique !
JOSE JOSE : Toujours du côté des ballades romantiques un peu surannées, on trouve José José, un des chanteurs les plus reconnus des années 1970 et 1980. On peut saluer l’ampleur de sa tessiture vocale et son influence générale sur la pop latine.
Si cette pop romantique te plaît, tu peux aussi aller regarder du côté de CARLOS RIVERA et de CHRISTIAN CASTRO. Pour ma part, je préfère largement le pop/rock.
NATALIA LAFOURCADE : Née à Mexico d’un père musicien franco-chilien, on peut dire qu’elle avait déjà la musique dans la peau ! Le Mexique sans Natalia Lafourcade, ce n’est tout simplement pas possible. Cette chanteuse et compositrice, au brin de voix d’apparence fluette et enfantine mais capable d’élans du cœur infiniment puissants, est devenue une icône de la pop mexicaine, et ce n’est pas volé. Je te recommande en particulier les deux volumes de l’album Musas, un bijou de sensibilité qui réussit notamment à remettre au goût du jour de superbes chansons traditionnelles du folklore mexicain. Parmi les titres, pas le plus célèbre mais assurément un de mes coups de cœur, « Derecho de nacimiento » (à ceux qui comprennent l’espagnol, les paroles sont extrêmement fortes et émouvantes !). Je te partage aussi une chanson connue de Natalia, « Tu si sabes quererme ».
SILVANA ESTRADA : Facilement un de mes plus grands coups de coeur de ces dernières années. Silvana est née dans l’Etat de Veracruz, elle a grandi à Xalapa, dans une famille de musiciens. Et franchement, ça se sent ! La première fois que j’ai écouté Silvana, je suis restée scotchée, fascinée, envoûtée. Je n’arrive toujours pas à expliquer pourquoi sa voix m’émeut autant, pourquoi chacune de ses notes, mais aussi chacun de ses silences, me fait l’effet d’un séisme intérieur. C’est très, très viscéral, ça résonne extrêmement fort à l’intérieur de moi. Peut-être parce que Silvana respire l’authenticité. Bien sûr il y a la justesse, la rondeur, mais il y a aussi et surtout ce souffle et ce timbre si singuliers, cette aisance à donner de la texture et du relief à chaque phrase, cette interprétation d’une rare délicatesse et cette sensibilité à fleur de peau, qui transpire tout autant dans ses graves que dans ses aigus, dans ses murmures que dans ses puissants envols. Et que dire des paroles de ses chansons ? Poétiques, intimes, introspectives, parfois énigmatiques, je crois qu’elles ont un pouvoir rare, celui de réussir à trouver un chemin vers chacun d’entre nous, filtrées à travers le prisme de nos propres expériences de vie. J’ai rarement trouvé plus bel exemple pour illustrer à quel point notre fragilité peut être à la fois notre plus belle force, et notre obscurité notre plus grande source de lumière. Je vous partage ici une chanson de Silvana qui me hante, La Corriente, ainsi que la plus incroyable interprétation qu’il m’ait été donné d’entendre de La Llorona, par Natalia Lafourcade, Mon Laferte et Silvana Estrada, une version qui dévoile toute l’étendue de son talent (et de leur talent à toutes les trois !).
LILA DOWNS: Originaire d’Oaxaca, cette chanteuse atypique et engagée a pris pour habitude de chanter non seulement en espagnol et en anglais, mais aussi dans des langues régionales comme le maya, le nahuatl, le mixtèque ou le zapotèque. Entre rock, musique du monde et musique traditionnelle mexicaine (ranchera), elle a une honnêteté et une émotion non dissimulée dans la voix qui touchent.
CARLA MORRISON: Cette artiste originaire de Tecate se distingue par un timbre de voix plutôt doux et expressif, assez proche de celui de Natalia Lafourcade. Ses chansons, imprégnées de mélancolie et de sensibilité, ne laissent pas indifférent. Un de ses titres les plus connus, et que j’aime beaucoup, s’appelle Disfruto. Je vous en partage ici la version live :
JULIETA VENEGAS est une touche-à-tout qui joue de nombreux instruments. Après une enfance passée à Tijuana dans le nord du Mexique, elle vit désormais en Argentine. Ses jolies compositions pop sont plutôt agréables à écouter.
MARISSA MURest une chanteuse de pop tropicale du nord-ouest du Mexique, dont la voix claire, légèrement soufflée, a attiré mon attention. Elle accompagne ses chansons de rythmes plutôt joyeux, qui sont très agréables à écouter.
MANA : 40 millions d’albums vendus dans le monde, un record parmi les groupes de rock en langue espagnole ! Ce groupe de 4 musiciens (chant, batterie, guitare, basse), originaire de Guadalajara, est un tel phénomène en Amérique latine qu’il est tout simplement impossible que tu n’entendes pas leurs chansons jusqu’au Pérou ou en Bolivie, en particulier celle-ci :
ZOE: Le groupe de rock Zoé, composé de cinq musiciens issus de Cuernavaca, s’est formé en 1995 à Mexico. Il a commencé à jouer dans des bars avant d’être repéré par certains labels, puis a peu à peu acquis une célébrité sur tout le continent latinoaméricain. J’aime beaucoup le timbre de voix un peu spécial de son chanteur et le côté parfois planant de leur musique :
CAFE TACVBA:Ce groupe très créatif mélange les genres et n’hésite pas à utiliser tous les instruments du répertoire traditionnel mexicain. Mais c’est surtout un très bon groupe pop/rock, avec des mélodies savamment dosées, dont leur plus connue est probablement celle-ci :
TIMBIRICHE : Ce groupe mexicain de rock des années 1980 mérite qu’on s’y arrête.
CAIFANES: Créé à la fin des années 1980, le groupe Caifanes est une vraie légende et a marqué les esprits, entre rock gothique, progressif et new wave, enrichis de rythmes locaux. Les paroles sont souvent profondes et sombres, et la voix de son chanteur Saul Hernandez leur donne toute leur intensité.
MOLOTOV : Un groupe super culte de rock punk et trap, qui se distingue par des chansons très créatives et des paroles souvent irrévérencieuses, en tout cas politiquement et socialement hyper engagées. Molotov a gagné un Grammy ainsi que de nombreux disques d’or et de platine dans différents pays. Il a vendu plus de quatre millions d’exemplaires de ses disques à travers le monde.
HELLO SEAHORSE! : Ce groupe propose un rock alternatif et expérimental qui fait la part belle à la voix atmosphérique de sa chanteuse, Denise Gutierrez.
LA BARRANCA: Fondé dans les années 1990, ce groupe venu de Mexico mélange habilement le rock progressif avec des éléments de folklore local. Il se sont construits une place de choix dans le paysage du rock mexicain.
SAN PASCUALITO REY, ce sont cinq musiciens de Mexico qui ont un jour décidé de mélanger du rock, du trip-hop et plusieurs influences musicales locales (comme le son jarocho) pour un résultat mélancolique pour le moins inédit et étonnant. Je te laisse en juger avec cette chanson :
REAL DE CATORCE : Un groupe mexicain de jazz, de blues et de swing, tu n’y crois pas ? Eh bien détrompe-toi, car le groupe Real de Catorce, tout droit venu de la capitale, incarne magnifiquement cette fusion, avec une pincée de poésie bienvenue ! C’est diablement bien composé, et très addictif. Voici un de leurs titres les plus connus :
Je t’invite également à aller écouter les groupes PORTERet SIDDHARTHA.
Cumbia
La cumbia mexicaine date des années 1970. C’est une adaptation de la cumbia originellement colombienne, à laquelle elle mêle également des influences cubaines (comme le son montuno et le mambo) et des genres typiquement mexicains (musique nortena, huapango), ajoutant des instruments métalliques comme la trompette et le trombone, puis le güiro et les timbaletas (timbales).
LOS ANGELES AZULES: Originaire de la ville de Mexico, ce groupe réunit quatre frères ayant décidé de se lancer dans la musique en 1980. Aujourd’hui il constitue l’un des plus grands représentants de la cumbia mexicaine ! Voici un de leurs hits, « Como te voy a olvidar », un incontournable des pistes de danse :
LA SONORA SANTANERA :Eux aussi originaires de la ville de Mexico, ils empruntent à beaucoup de genres tropicaux différents, dont la cumbia. Leur répertoire est très connu au Mexique, cette chanson en particulier :
LOS SOCIOS DEL RITMO : Ils sont tout droit venus de Campeche dans le Yucatan. Si tu fréquentes les soirées de cumbia, il est quasi impossible que tu passes à côté du tube « Llorar y Llorar » :
CAÑAVERAL: Également un bon groupe de cumbia, originaire de la ville de Mexico. Celle-ci est assez connue :
CAÑON DE SONIDERO :C’est un groupe moins connu que les autres, mais qui est très implanté dans l’état du Chiapas et donne beaucoup de concerts dans la charmante ville de San Cristobal de las Casas dans laquelle j’ai habité pendant trois ans :
Autres
Dans cette catégorie, je te propose un peu de tout. C’est souvent alternatif, et ça mérite clairement une écoute attentive.
RODRIGO Y GABRIELA : Un duo qui décape ! J’ai rarement vu une telle dextérité à la guitare, ni autant d’imagination dans leurs reprises rock, ce sont des génies. Et même lorsqu’ils ralentissent leur rythme endiablé, c’est incroyable, planant et plein d’émotion… Allez, pour la peine je te propose deux morceaux :
PANTEON ROCOCO: Si c’est avant tout un groupe de ska, il manie tout aussi bien les autres styles (rock, punk, salsa, ranchera…). A noter que sur le plan politique, ils défendent la cause zapatiste, organisation militante du Chiapas.
Tu peux aussi aller jeter un coup d’œil à la chanteuse BEREIZet aux groupes KINKY, MALDITA VECINDAD Y LOS HIJOS DEL QUINTO PATIO ou encore EL GRAN SILENCIO.
Muchas gracias Oscar! Si, hay articulos sobre la musica de Guatemala, de Colombia, de Argentina. Me encanta investigar sobre el tema. Todavia me faltan Peru, Bolivia, Ecuador, Panama…
Que buena recopilación de México!!! Pero veo que también tienes de otros países. Uff
Muchas gracias Oscar! Si, hay articulos sobre la musica de Guatemala, de Colombia, de Argentina. Me encanta investigar sobre el tema. Todavia me faltan Peru, Bolivia, Ecuador, Panama…