Récit de mon aventure au Waterberg
Vers Okahandja
Windhoek, 7 mai 2014. Aujourd’hui, direction le plateau du Waterberg ! Déclaré réserve naturelle en 1972, le plateau du Waterberg s’étend sur 40 000 hectares riches en faune et en flore.
On se réveille aux aurores, puis on prend notre petit-déjeuner sur les coups de 7 heures. C’est un petit-déjeuner à l’allemande, avec du pain complet, différentes charcuteries, des céréales, des fruits, des œufs. De quoi bien commencer la journée
On se met en quête de quelques victuailles, d’une carte sim locale, d’un adaptateur électrique et de répulsifs à moustiques. Il y a plein de petits commerces sur Independence Avenue, où l’on a au moins pu trouver notre bonheur en répulsifs et en nourriture (dont de délicieux biscuits secs à la noix de coco qui ne nous quitteront plus du voyage).
Ensuite on prend la route B1 en direction d’Okahandja. Il faudra encore un peu de temps à mon compagnon de voyage pour maîtriser le véhicule mais une fois sortis de la capitale, cela devient beaucoup plus facile : route toute droite et goudronnée (c’est le privilège des routes B et de quelques routes C), très peu de carrefours, très peu de circulation, la route pour nous tous seuls ou presque !
On ne s’arrête pas à Okahandja (tant pis pour les marchés artisanaux), on préfère continuer, ne sachant pas trop combien de temps nous sépare du plateau du Waterberg. Pour l’instant, on longe des kilomètres de savane de toutes les couleurs, sur fond de ciel bleu parsemé de solides nuages blancs. Les premières impressions sont déjà fortes et on a hâte d’en découvrir plus.
L’arrivée au Waterberg
On bifurque quelques centaines de kilomètres plus loin sur la C22, encore une route goudronnée sans problème. Trente kilomètres plus tard, nous voilà déjà sur la route D2512, notre première piste, qui mène au plateau du Waterberg. Elle est très bien entretenue. On entrevoit les premières hauteurs du plateau, dans sa largeur. C’est déjà très impressionnant vu de loin ! On aperçoit également plein de grosses taches noires mouvantes sur la route et on commence à se demander s’il est possible que les araignées namibiennes soient aussi énormes… On fera plus tard le rapprochement avec les gros scarabées et grillons (!) endémiques du pays…
Il est à peine midi quand on arrive au camp de la Namibia Wildlife Resorts, une entreprise détenue par l’Etat namibien, qui a pour mission de gérer certains services touristiques dans les zones protégées et qui y propose notamment des hébergements. Au Waterberg, les bungalows sont situés un peu en hauteur, au pied du plateau. Tout l’endroit est aménagé mais s’intègre assez bien avec la nature environnante (bon, sauf peut-être nos 4×4). Le cadre est plutôt convivial. Quelques mètres en contrebas, il y a un restaurant et une piscine, le tout est très bien pensé.
Par contre, quelle surprise de découvrir des phacochères brouter le gazon jouxtant les bungalows ! Après tout, c’est un moyen économique de tondre la pelouse…
On découvre également, un peu plus loin, un groupe de babouins énormes qui sème un peu la pagaille sur le camp. Pas farouches du tout, en train de renverser des poubelles ou de grimper sur la galerie d’un 4×4, un véritable spectacle !! Mais dès qu’on approche, ils montrent ostensiblement leur derrière et s’éloignent… le message est clair 🙂
A l’assaut du plateau du Waterberg
A la réception du camp, ils nous ont indiqué un chemin de randonnée (le « Mountain View ») qui mène jusqu’en haut du plateau. Pour l’aller-retour, il faut compter environ 1h30. Bien décidés à nous dégourdir enfin les jambes, on entame la montée, pas si facile… J’ai l’impression d’être à Fontainebleau mais l’effort me semble un chouïa plus important, ça grimpe très sec. Au cours de notre ascension, on croise d’étranges bébêtes appelées damans des rochers. Leur regard nous fixe, immobile, et a quelque chose de très mystérieux et déconcertant. Jugez par vous-même…
On marche au coeur d’une végétation luxuriante, ce qui ne manque pas de nous étonner dans un pays réputé aride. On dirait que le Nord est assez vert… Les couleurs du plateau nous interpellent également : le grès rouge est en fait une déclinaison assez fabuleuse de teintes, entre rose et gris.
Finalement, aucun regret pour cette rando car la vue en haut, au bord du plateau, est fantastique ! La vallée à perte de vue, avec toutes ses nuances de vert… On s’assoit et on reste plusieurs minutes à contempler, assez longtemps pour voir le soleil montrer vraiment le bout de son nez.
La descente, aussi malaisée que la montée, nous promet une surprise de taille. Car j’aperçois soudain, camouflé entre les rochers, un énorme corps de serpent, noir et brillant. On s’est dit : serait-ce un black mamba??! Pas rassurés, on n’a pas trop cherché à en savoir davantage et on a un peu accéléré l’allure.
Le lendemain matin, on racontera l’anecdote à la dame de la réception, qui nous demandera si on a pris une photo. Euh comment dire, non, on a surtout détalé… ? 🙂 Elle penchera pour l’hypothèse d’un black mamba sans qu’on la lui suggère ! Mais plus tard au cours de notre périple, on a eu le fin mot de l’histoire, et le mythe s’est effondré. Car deux guides que nous avons rencontrés à deux moments différents, experts en faune et flore namibiennes, se sont prononcés plutôt en faveur d’un serpent-taupe (non venimeux). Après, évidemment, nous avoir demandé si on avait pris une photo (ils se sont donné le mot ou quoi ?). Bon, on aurait donc pu l’immortaliser sous toutes ses coutures, ce serpent…
Plus bas, au milieu de la broussaille, on tombe nez à nez sur trois diks-diks tout mignons. Ce sont de petites antilopes de 60 cm de haut en moyenne. Elles sont si petites, en fait, qu’on a cru qu’il s’agissait de faons ou de bébés antilopes 🙂 Ces diks-diks ne sont pas très farouches…
Sur le camp de la NWR
On finit par rejoindre les bungalows et on se balade tout autour en observant, dans la lumière déclinante du jour, le plateau et ses couleurs. Les briques des bungalows y font joliment écho.
On se repose un peu dans notre bungalow. Un moment, on a le plaisir de découvrir un dik-dik sur notre terrasse. Vraiment pas farouche…
On se promène à nouveau sur le campement et, un peu plus loin, on découvre un bel oiseau, un francolin à bec rouge :
Puis on entend des petits cris et on aperçoit soudain, sur le bord de la piste, de curieuses bestioles tigrées : une véritable colonie de mangoustes rayées ! Spectacle très amusant : tantôt assises en tas les unes sur les autres, tantôt dispersées à fureter partout dans le sol, tantôt prenant la pose. Mais quand on approche de trop près, elles se mettent à détaler d’un même mouvement !
Petite sélection de photos :
On prolonge la balade, le temps d’une dernière photo du plateau :
Au Waterberg, on a déjà été gâtés avec les animaux ! Et ça continue le soir, mais cette fois-ci dans l’assiette : buffet à volonté avec steak d’oryx (un régal !), saucisse boerewors et porc, agrémentés de riz, purée de manioc (?), courges et carottes. Tout cela arrosé de l’excellente Windhoek Lager, peut-être la bière la plus répandue en Namibie. Elle nous rappelle agréablement ces bières allemandes, légères et désaltérantes. La grande salle du restaurant est impressionnante, pleine de monde et il y règne une atmosphère très convivale.
On rentre au bungalow dans la chaleur agréable de la nuit, avec nos lampes torches et sous les yeux phosphorescents des diks-diks 🙂
Il n’est pas très tard quand on s’endort, et ce sera quasiment toujours le cas car les courtes journées nous déboussolent un peu, en plein mois de mai…
La suite, c’est ici : Le parc national d’Etosha
