Kamakura : l’incroyable démonstration de tir à l’arc sur cheval au galop

Arrivée un peu laborieuse à Kamakura

Ce matin, je me suis levée tôt pour pouvoir prendre le train de 8 heures pour Tokyo. Puis, de la capitale, une ligne locale m’amène vers Kamakura, où j’arrive aux alentours de 11h30. Me voici à Kamakura, au sud de Tokyo !

Si je me rends aujourd’hui à Kamakura, c’est que je veux absolument assister à un spectacle qui y a lieu ce jour-là : le yabusame, la chose la plus impressionnante que j’ai pu voir durant mon séjour ! Il s’agit d’un art noble, ancien et difficile, celui du tir à l’arc depuis un cheval au galop ! Une technique très ancienne, codifiée à partir du 9ème siècle, utilisée en temps de guerre mais aussi comme rituel de prière pour la paix, la santé et de bonnes récoltes.

A la gare, je me dirige vers les casiers pour y déposer mon sac à dos. Mauvaise surprise, il n’y en a plus un seul de libre ! Là, un éclair de génie me traverse l’esprit : la gare comporte deux sorties opposées, peut-être qu’il y a d’autres casiers de l’autre côté ? Cette fulgurance m’aura bien rendu service ! Car après un petit moment de panique en constatant que tous les casiers de ce côté sont aussi tous déjà utilisés, je remarque qu’en réalité, il en reste un qui est vide. Oui, juste un, et pile poil ce qu’il me faut pour mon sac à dos (qui commence à peser son poids à force de se remplir de souvenirs glanés à droite à gauche…). Je suis sauvée !

Je pars le coeur léger en direction de l’office de tourisme. Un vilain doute sur la date de l’événement commence à m’assaillir, car il y avait vraiment peu de monde dans le train en direction de Kamakura… A l’office de tourisme, on me confirme pourtant que le yabusame et sa cérémonie d’ouverture auront bien lieu aujourd’hui à partir de 13 heures, youhou ! Je suis ravie et surexcitée à l’idée de pouvoir assister à ce moment exceptionnel. On m’explique qu’il est encore possible de réserver un siège (3000 yens, de mémoire), ce qui me permettrait d’avoir une meilleure vue sur la performance. Comme ce n’est pas tous les jours qu’on peut voir un tel spectacle, je réserve une place !

Une fois cette formalité accomplie, je me dirige sans trop tarder vers le temple accueillant l’événement, le Tsurugaoka Hachiman-gu. Il faut en effet arriver une demi-heure minimum avant le début du spectacle, donc j’ai tout juste le temps de me mettre en route. Plein d’écureuils gambadent gaiement dans le parc du temple.

Spectacle de yabusame : l’impatience, ce vilain défaut

Je m’installe à ma place, j’ai la chance d’être au premier rang, presque aux premières loges. Je dis presque, car je ne verrai pas les archers de face lorsqu’ils décocheront leurs flèches pour viser la cible. Mais qu’importe, je suis excitée comme une puce. La démonstration va durer plus de deux heures et se divisera en deux parties : une partie rituelle, puis une compétition dans les règles de l’art.

J’observe les préparatifs, les allées et venues des organisateurs avec leurs beaux habits 🙂

L’événement se met en place lentement, les minutes défilent, et je dois avouer que je finis par m’impatienter un peu. Mais il faut vivre à l’heure japonaise… En attendant, mon voisin m’adresse la parole et semble vouloir me montrer quelque chose derrière la piste. Comme il me parle en japonais, je ne comprends pas tout de suite de quoi il s’agit : un écureuil ! Décidément ils sont partout 😉

Quand le show commence : le défilé des protagonistes !

Enfin les spectateurs peuvent admirer les chevaux qui vont participer au spectacle, des bêtes magnifiques ! Ils sont en effet déplacés à l’autre bout de la piste.

Le yabusame est un spectacle très codé, très encadré, et ceux qui gravitent autour de l’événement (organisateurs, palefreniers, superviseurs, responsables du “top départ”, prêtres…), qui sont les premiers à défiler devant nos yeux, sont très intéressants à observer et à immortaliser en photo !

S’ensuit le défilé des cavaliers à pied…

… puis à cheval !

Je m’amuse à faire des gros plans, à photographier l’attirail des cavaliers, riche de détails splendides.

A ce stade, l’atmosphère d’attente devient palpable. Tout le monde retient son souffle, le spectacle devrait bientôt commencer ! Les organisateurs se tiennent prêts pour le grand show

Plein dans le mille, et dans les mirettes !

Ca y est, les cavaliers vont entrer en scène ! Avant de s’élancer sur la piste et de viser les trois cibles qui y sont disposées, les cavaliers font tourner leur cheval 3 fois vers la gauche, 2 fois vers la droite, dirigent leur flèche vers le ciel puis vers la terre. Lorsque l’éventail est déployé, abaissé, c’est le moment de s’élancer sur la piste ! Je n’arrive pas à réaliser que je suis en train d’assister à ce spectacle fabuleux…

Les premières cibles sont des shiki-no-mato, des carrés de bois, avec des fleurs cachées derrière, que la flèche doit atteindre. Les secondes cibles (kisoi-no-mato ou doki-no-mato) sont pour la compétition. En céramique, elles font seulement 9 centimètres de diamètre (!). Des morceaux de papier de 5 couleurs différentes sont disposés à l’intérieur et se dispersent dans toutes les directions lorsque la cible est atteinte ! 

Je suis hallucinée par la maîtrise, l’adresse et l’habileté dont les cavaliers font preuve.  Beaucoup d’entre eux ratent leur cible, mais de peu, tandis que quelques uns arrivent à toucher la cible alors qu’ils sont bel et bien en train de galoper à vive allure sur leur monture. C’est extrêmement impressionnant !

Le défilé final de Messieurs les cavaliers

Les cavaliers reviennent se mettre en position, l’occasion d’un nouveau défilé. Ce qui permet d’admirer une nouvelle fois leur beauté altière et solennelle !

Une fois le spectacle fini (snif !), les valeureux archers défilent sous les applaudissements de la foule. Qu’ils soient à cheval ou à pied, les héros du jour sont impressionnants avec leurs costumes traditionnels.

La nature n’est pas loin à Kamakura !

En quittant ma chaise, je passe devant un arbre qui semble concentrer l’attention de deux Japonaises sans que je comprenne pourquoi. Soudain, je le vois : un serpent ! Je sursaute, tellement je n’avais pas prévu cette apparition si près de moi. Sûrement une petite couleuvre inoffensive, mais tout de même… Je ne pensais pas que la nature serait aussi omniprésente à Kamakura !

Dans le temple, on continue de s’affairer…

Dans l’enceinte du temple, l’animation bat aussi son plein. J’observe, amusée, le ballet des moines portant des plateaux de fruits et celui des touristes, en kimonos ou en vêtements occidentaux.

Je retrouve les archers dans une annexe du temple, je ne sais pas bien à quoi rime cet ultime rituel (?) mais curieuse, j’observe la scène. C’est déjà le milieu d’après-midi et il est l’heure d’aller explorer un peu Kamakura…

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